samedi 29 avril 2017

Païenne


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Le lin cultivé dans le pays de Caux est la base de matières odorantes et splendides : étoupe, filasse, lieuse. Sa fleur, hermaphrodite et autogame, est d'un bleu violet et ne dure qu' une matinée. Sa culture est délicate  car le lin craint la verse. Il est semé dru, arraché  puis déposé en andains et séché à l'air et au soleil (rouis). Il est enfin ramassé en balles et teillé. De ces matières et de cette odeur nait une déesse païenne, corps et pensée . Elle prendra place  dans l'une des chapelles de Saint Pierre du Champ en Haute Loire , au cours de la balade artistique organisée les 3 et 4 juin , puis dans l'ancienne gare de Saint Pierre Le Viger en  Seine Maritime les 7,8 et 9 de  juillet dans le cadre du festival du lin et pour la et aussi lors de la 7e BHN de Lyon en octobre.

lundi 10 avril 2017

Dénuée

sculpture grillage


Trouée de solitude
tu rapièces 
l'abandon sauvage
et tu récites
l'accablement
et puis
tu poses à la fenêtre
un mot
qui te fera 
pain et brioche
pour le jour
qui vient


l'indifférence
se mesure
en milliers de kilomètres
et tes déportés 
et tes morts 
sont insomniaques
alors les lilas
sculpture grillagede la perte
cognent à ta porte 
et le vent
remue le vide
dans la nuit

mais 
quand tu fermes
les yeux
pour retenir
cet instant
où ta force
fleurit
dans le silence
des roses de glace 
dénuée
s'ouvrent
à ton front

Anna Akhmatova
Poétesse russe, née en 1889 à Odessa, morte à Moscou en 1966.
En 1912 elle entre au groupe des acméistes qui défendent une  poésie concrète. A partir de 1922 ses œuvres sont interdites et la terreur stalinienne décime sa famille et ses amis , son fils est déporté. Condamnée au silence , isolée, calomniée , elle survit grâce à des traductions, jusqu'en 1960 où ses poèmes commencent à circuler. Son poème Requiem qui décrit la réalité stalinienne ne sera publié qu'en 1987.
 

Sculpture à taille humaine, technique mixte, avril 2017




 


 


lundi 27 février 2017

Un opéra ménager , détail




Et j'imagine qu'en passant , ils rencontrent cette être à moitié femme , à moitié aspirateur . Elle est faite de ces tissus de rideaux si prolixes en motifs des années 50 , elle est branchée à la pièce par le fil électrique  qui lui est cordon ombilical. Est-ce qu'elle dort ? Rêve-t-elle  ? Ou-bien serait-elle tout simplement morte ? Et de quoi dort -on quand on est « femme au foyer » comme on dit et  était majoritairement il n' y a pas si longtemps et comme on l'est encore en de nombreux milieux ? De quoi se nourrissent les rêves entre les fleurs des tapisseries et des rideaux , et de quoi meurt-on au fil des heures passées à l'entretien du foyer et de ses habitants ? J'aimerais que cette sculpture hybride , engage ce genre de conversation sur ce qui fait une vie , sur la matière du temps passé dans les cuisines , les salons et les chambres , et sur ce qu'il faudrait pour s' en réveiller.


L'opéra ménager , installation textile et sonore de Catherine Herbertz et Sylvain Damy  , sera donné , les 16, 17 et 18 juin 2017 , à la galerie le 17, au 17 rue de la Mulatière à Saint Etienne. 



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mardi 13 septembre 2016

jeudi 1 septembre 2016





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Exposition
à l'Epicerie verte de Saint Etienne
juin 2016
avec Marie-Pierre Redon lisant son texte
Choisir un tissu cutané




lundi 11 avril 2016

Continent noir

où la liberté des corps et des âmes
en réponse à Esther Benbassa qui juge dépassées les utopies féministes

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